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L'édition, autrement  !...

 

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Roger LINOTTE

PRÉSENTATION ROGER LINOTTE

Roger LINOTTE

Présentation : Roger Linotte, après avoir été décorateur-étalagiste, gérant d’une société de vente de chaussures, puis agent d’assurances et commercial dans l’automobile, se retrouve convoyeur de fonds avant d’endosser des postes à responsabilité dans ce domaine sécuritaire. Il finit au poste de directeur.

Cependant, c’est sa période en tant qu’appelé du contingent en 1961 qui l’inspire. « Pailleux dans la tourmente » narre les événements vécus au cours du pustch des généraux en avril 1961. 

« Un pailleux chez les gonfleurs d'hélices » relate sous forme anecdotique la vie des appelés du contingent, alors envoyés en Algérie dans le cadre du maintien de l'ordre du pays. Le titre est actuellement épuisé mais reste disponible dans sa version numérique.

"Mady", troisième ouvrage de Roger, est une fiction née de la volonté de donner une existence à l'un des personnages rencontrés dans le récit "Pailleux chez les gonfleurs d'hélices". Voir la rubrique qui lui est consacrée.

Enfin, "L'ubiquiste", dernier né de l'auteur proposé à la souscription jusqu'à  fin janvier 2017, s'inscrit dans une oeuvre de fiction et de psychologie... Comment appréhender de manière "clinique" le cas d'un patient qui croit se trouver à deux endroits à la fois au même moment ?

 

 

NOUVEAU ROMAN DE ROGER LINOTTE : L'UBIQUISTE

Paul Lebouc n'est pas un patient ordinaire pour le psy qui le reçoit depuis peu dans son cabinet... Comment croire ces facéties ? Être présent à un endroit où un fait-divers se produit, et, dans le même temps, être ailleurs ? Aurait-il un don d'ubiquité ? 

À la lecture de son journal, le praticien s'étonne et s'interroge... Jusqu'à ce que la réponse fuse, naturelle et somme toute personnelle... Alors, l'ébranlement des certitudes, l'affaissement de l'esprit cartésien, la désagrégation des convictions, vont plonger le docteur - et le lecteur ! - dans une quête où l'issue improbable a le mérite d'emprunter plusieurs chemins... À vous le vôtre !

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EXTRAIT

Extrait d'une consultation de Paul Lebouc auprès de son psy :

 

Je lui demandai de me citer un exemple précis.

- Voilà une chose étonnante survenue il y a cinq ans. Je rentrai du travail, vers dix-huit heures trente. Sur le trajet piétonnier entre l’arrêt du bus et mon domicile, l’orage qui menaçait depuis plusieurs instants a éclaté. Arrivé chez moi, j’ôtai mes habits mouillés afin de les accrocher au portemanteau du vestibule. Ma chienne - Vica -, se frotta contre mes jambes en reniflant le bas de mon pantalon. Sabine, ma femme, ne comprenait pas pourquoi elle jappait en tournoyant dans le vestibule. Avant de m’asseoir dans le fauteuil du salon, je soulevai Cassiopée, notre chatte et la posai sur mes genoux pour la caresser. Dérangée, elle bondit, les poils hérissés, et cracha bruyamment en sautant sur le sol.

- Qu’est-ce qui leur prend, demanda ma femme en s’adressant à nos enfants ? Je les trouve particulièrement énervées. Ce doit être à cause de l’orage.

 

Au même moment, je voyageai vers l’autre bout de la ville où mes beaux-parents m’attendaient. Ils m’avaient demandé de passer les voir afin d’organiser l’anniversaire de Nadège, notre fille, qui allait avoir dix ans. Nous avions convenu de nous regrouper pour acheter son cadeau.

Le bruit de l’ouverture des portes de l’autocar me fit lever la tête de mon quotidien. Absorbé par l’article de « SUD OUEST » sur le Tour de France, et la lutte pour le maillot jaune, je ne vis pas le temps passer. Heureusement, j’arrivai au terminus, à trois cents mètres du domicile des parents de Sabine.

Je me sentis tout à coup fatigué. Était-ce la chaleur dans le car, ou avais-je trop lu.  La sensation de me réveiller après un cauchemar et une migraine à me cogner la tête contre les murs, troublèrent ma perception.

Quelque chose d’anormal se produisait, mais je ne pouvais pas me l’expliquer.

Le ciel s’obscurcit. Il ne présageait rien de bon. Je n’avais pas encore atteint le portail du jardin, que les nuages déversèrent leur trop-plein d’eau. Le temps de parcourir les dix mètres qui séparaient la rue de la maison et je fus trempé jusqu'aux os.

Quand nous eûmes réglé les affaires qui m’avaient amené chez eux, et après avoir avalé le cachet d’aspirine proposé par ma belle-mère, je repris les transports en commun et rentrai chez moi.

L’orage disparut aussi vite qu’il était venu. Le cœur ragaillardi par le soleil j’ouvris la porte de mon appartement.

- Les enfants, cria ma femme, voilà papa.

 

Vica vint m’accueillir en se frottant contre mes jambes. Une habitude prise toute petite.

- Bonjour mon chéri, es-tu passé à travers l’orage ?

- Non ! Il a éclaté quand je suis sorti du bus !

- Comment vont papy et mamy ?

- Pendant que nous discutions, mon mal de crâne est revenu. Mais c’est fini ; ta mère m’a soigné et heureusement j’ai cessé de souffrir.

- Je ne sais pas s’il y avait de l’électricité dans l’air mais, vers dix-huit heures, les animaux se sont énervés. Vica est restée un bon moment à tourner dans le vestibule. Elle devait croire que tu ne tarderais pas à arriver. Je pense d’ailleurs qu’elle a pissé devant la porte d’entrée. Le sol était humide juste en dessous du portemanteau. Quant à la chatte, elle a bondi du fauteuil sur lequel elle dormait. Elle est partie en crachant comme si elle avait eu peur de quelque chose.

 

Je ne savais que répondre. J’avançais une explication bancale.

- Tu sais, l’orage agit aussi sur le caractère des animaux. Il n’y a rien d’étonnant à cela.

 

Sans le savoir, elle venait de me décrire ce que j’avais vécu dans le bus qui me conduisait chez ses parents. Cette impression d’être à la fois dans deux lieux différents commençait véritablement à m’inquiéter. J’ai déjà lu des ouvrages qui traitent du dédoublement de la personnalité, mais pour ce qui me concerne cela n’a rien à voir. 

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INTERVIEWE PAR PIERRE BRANDAO

Pierre Brandao, Président de l'Association, présente " MADY " et son Auteur.

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MADY

Au coeur du pays méditerranéen, une jeune française se bat pour son indépendance de corps et d’esprit. Malheureusement, elle sera la cible de malfrats qui la feront tout quitter. Mais c’était sans compter sans son frère qui va entreprendre un voyage parsemé d’embûches et d’espoir afin de réaliser un but louable : assurer l’unité de la famille.

 

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EXTRAIT

PRĖAMBULE

 

Dans ses deux précédents romans, « Un pailleux chez les gonfleurs d’hélices » et « Pailleux dans la tourmente », Roger Linotte narre les anecdotes d’un appelé du contingent, Raymond Martelot, à l’occasion de son service militaire en Algérie, à Blida, à quelques encablures d’Alger.
Chargé d’assurer la sécurité dans un quartier « chaud » de Blida, il fait la connaissance d’une prostituée - Mado, avec laquelle il se lie d’amitié.
Au cours de leurs multiples rencontres, elle lui raconte comment, à cause de deux hommes sans scrupules, sa vie a basculé pour devenir un enfer.
Rapatrié en métropole avec son régiment, après le référendum d’autodétermination de l’Algérie, Raymond perd tout contact avec la jeune femme.
Un nom et une adresse, écrits sur un morceau de papier retrouvé dans son blouson militaire, restent une énigme.

 

***

 

ENFIN DE VRAIES VACANCES

 

Libéré depuis quelques jours de ses obligations militaires, Raymond appréciait le bonheur d’être de retour dans le cercle familial.

Des vacances sur la Côte d’Azur avec son frère cadet Jean-Michel lui feront le plus grand bien. Il avait besoin d’un mois de villégiatures avant de reprendre sa profession : décorateur étalagiste.

Décidé à profiter de cet intermède, il avait sollicité un entretien avec le directeur du personnel des Chaussures Dressoir, Monsieur de La Jarry.

- Je suis heureux de vous retrouver au sein de notre Société, Monsieur Martelot. En cette pleine période de congés payés, nous manquons de personnel. Votre retour tombe à pic. Vous êtes attendu impatiemment par Le gérant de notre succursale de la butte Montmartre. Toutefois, avant de reprendre votre activité professionnelle, prenez trois semaines de repos, mais pas plus. Le retour dans la vie civile après le service militaire est toujours une reprise difficile, mais je suis sûr que cette étape sera franchie avec bonheur.

Son supérieur lui avait expliqué qu’il était à l’orée de sa carrière chez Dressoir, surtout s’il choisissait sa future femme parmi ses collègues.

- Si c’est le cas et si vous remplissez les aptitudes requises, nous vous confierons la gérance d’un magasin.

Il était grisé par ce qu’il venait d’entendre ! Il ne s’attendait pas à un tel accueil et remercia son interlocuteur de la confiance qu’il lui témoignait et lui assura qu’il ferait tout pour ne pas le décevoir.

Heureux de la tournure de cet entretien, c’était en sifflotant qu’il descendit, quatre à quatre, les étages. En arrivant au rez-de-chaussée il se rendit compte qu’il n’avait pas utilisé l’ascenseur.

Il allait passer une partie de ses vacances bien méritées, avec son frère qu’il venait de retrouver après vingt-sept mois d’armée, dont deux tiers passés en Afrique du Nord. Il n’avait pas apprécié d’être éloigné des siens. En particulier de Jean-Michel, avec lequel il passait la majeure partie de ses loisirs - le sport, les sorties festives, les balades avec les copains.

En prévision de leurs retrouvailles, son frère, incorporé depuis dix mois sous les drapeaux en région parisienne, avait obtenu une permission de quinze jours.

Raymond se réjouissait par avance des heures de liberté qu’ils allaient mettre à profit pour visiter le midi de la France, qu’il connaissait déjà un peu.

Le temps de prendre leurs titres de transport aux guichets de la gare de Lyon, à Paris, ils se retrouvèrent dans le wagon de deuxième classe qui roulait vers la Côte d’Azur, chargés comme des mulets. Ils s’étaient partagé le matériel et ustensiles habituels du campeur.

En plus de ses affaires personnelles - vêtements, chaussures, nécessaire de toilette et duvet, il avait pris en charge la tente canadienne prêtée par un copain, et la batterie de cuisine - une casserole, une poêle et quelques couverts. Ils n’avaient pas oublié la pelle métallique repliable, indispensable pour creuser la rigole autour de la guitoune : petit détail, mais qui avait toute son importance, en cas de pluie abondante, pour drainer les eaux de ruissellement. Quant à Jean-Michel, il s’était chargé du reste du matériel - le double-toit, les piquets, les sardines et le réchaud à alcool à brûler. Chaque sac devait peser environ une quinzaine de kilos.

Ils partaient, confiants en leur étoile. Ils ne savaient pas ce qui les attendait là-bas, mais la joie de se retrouver les imprégnait.

 

CARACTÉRISTIQUES

format 15*21, dos carré collé, 175 pages. Frais de port : 3,50€. Papier 90 grs intérieur, 250 grs pour la couverture.

 

Pour acquérir l'ouvrage :  COMMANDER ET/OU ADHÉRER

EXTRAIT DU LIVRE : PAILLEUX DANS LA TOURMENTE, Blida, 1961

EN DÉSACCORD

 

Le commandant Le Méault vient d’arriver dans la salle de briefing. Il a convoqué pour neuf heures tous les officiers et sous-officiers, présents ce samedi matin, pour les informer de la situation des armées en Algérie, et leur faire part de sa propre position. Une simple cloison de bois sépare l’un des bureaux des Moyens généraux d’avec la salle de réunion. Une oreille collée dessus, plusieurs gars écoutent ce qui se passe dans la pièce voisine. Il est difficile d’entendre les propos de l’officier supérieur. Le commandant semble très net quant à son opinion sur les événements. Les curieux ne peuvent percevoir ce qu’il dit, mais ils comprennent rapidement que plusieurs de ses hommes sont en désaccord avec lui. Dominant le discours de son chef, un officier prend la parole :

— Je désapprouve pleinement votre prise de position en faveur des putschistes et je reste entièrement aux ordres du général de Gaulle ! clame-t-il très fort du fond de la salle.

Il est alors sommé de prendre la sortie :

— Je vous ordonne de vous taire et de quitter les lieux immédiatement ! l’interrompt-il. Je vous mets à la disposition du commandant de la base et lui demande une sanction exemplaire pour rébellion. À partir de maintenant, vous n’êtes plus sous mes ordres !

Le réfractaire quitte la salle, suivi par plusieurs officiers et sous-officiers qui, eux aussi, désapprouvent leur supérieur qui poursuit son discours dans un silence de plomb. La salle se vide progressivement des personnes qui n’approuvent pas la prise de position de leur chef, laissant celui-ci avec quelques militaires prêts à le suivre. Sans laisser le temps à ses subalternes d’active de prendre contact avec le contingent, le commandant réunit tous les appelés. Mais Raymond et ses camarades avaient pressenti la tournure des événements. Ils avaient téléphoné aux collègues des autres services pour les informer de ce qui se tramait dans la salle de briefing. Le « téléphone arabe » avait bien fonctionné. Tous les bidasses présents à la réunion sont informés de ce qui s’est passé précédemment. Le commandant Le Méault, qui s’était retiré quelques instants avec les officiers et sous-officiers proches de ses opinions, revient alors dans la salle et commence son speech.

— Vous êtes déjà tous au courant de ce qui s’est passé cette nuit, sous le commandement de plusieurs officiers supérieurs, à Alger et Oran. Je n’irai pas par quatre chemins, je me range aux ordres des Généraux...

Les appelés n’écoutent même plus. Comme ils en étaient convenus, d’un seul et même mouvement, ils quittent la salle. Le Méault ne se retrouve qu’avec un officier et quelques soldats souhaitant entendre la fin. Parmi ceux-ci, la grande majorité des pieds-noirs reste jusqu’au terme du discours. Il s’agit de ceux qui, vers huit heures, se tenaient à l’écart des autres groupes. Dès cet instant, les hommes de troupe décident de désobéir à leur supérieur et de contacter les militaires d’active qui semblent s’opposer au putsch. Ils ne se sentent pas seuls, et sont rassurés de savoir qu’ils peuvent compter sur quelques gradés pour la suite des opérations.

 

 

L'interview de Roger Linotte : à découvrir !

Linotte ? S’agit-il de votre vrai nom ou d’un pseudonyme ? Et si tel est le cas, pourquoi avoir choisi ce mot ?

Linotte est un pseudonyme qui date de mon passé de footballeur, en référence à Gélinotte, une jument championne de trot qui trustait les titres sur les plus grands hippodromes. Ma pointe de vitesse m’a valu le surnom : « Ro-GéLinotte », d’où le raccourci  GELINOTTE. Quand j’ai du choisir un pseudonyme, mon patronyme (nom et prénom) étant déjà celui d’un autre écrivain, mon passé de footballeur a resurgi de ma mémoire.

« Pailleux dans la tourmente » est un titre qui ressemble à votre précédent livre, « Un pailleux chez les gonfleurs d’hélices ». S’agit-il d’une suite ?

C’est un complément plus qu’une suite. Ce récit peut être lu avant ou après mon premier ouvrage. Il s’intègre dans un récit global, mais j’ai voulu faire ressortir ces instants de tourmente. Quatre jours de conflit entre différents régiments de l’armée française. Quatre jours pleins d’incertitude.

À travers les différentes anecdotes rapportées, un sentiment d’adversité est omniprésent qui oppose les appelés du contingent aux militaires de carrière. Mais les événements, vécus au sein de la base même, vont permettre un ralliement moral de l’ensemble de la communauté militaire, exit les « frontistes ». Cela est-il juste une fiction ?

Non ! Tout n’est pas  fiction. Même si certaines situations démontrent le contraire, les relations entre appelés du contingent et personnels d’active n’étaient pas toujours conflictuelles. Comme dans toute société il existe des cas particuliers. Mais en l’occurrence au G.S.R.A, les appelés n’avaient pas à ce plaindre de l’autorité des gradés.

1961 est une année qui, aujourd’hui, semble bien loin aux yeux de nos compatriotes. Qui ce livre est-il sensé intéresser ?

C’est avant tout un témoignage parmi tant d’autres. Un témoignage, certes romancé, mais qui peut intéresser des « Anciens d’Algérie », les appelés du contingent qui ont participé aux évènements, comme le prouvent les lecteurs de mon précédent roman, « Un pailleux chez les gonfleurs d’Hélices», mais aussi les enfants et petits enfants qui s’intéressent à la jeunesse de leurs parents et grands parents.

L’aventure éditoriale : votre parcours professionnel ne vous amenait pas à écrire vos mémoires. Quelle a été la motivation première pour vous décider à noircir les pages ?

Le hasard ! Lors d’un déménagement, ma femme a retrouvé dans une enveloppe des feuilles détachées d’un cahier, sur lesquelles j’avais consigné les évènements qui se déroulaient à l’intérieur de la base aérienne de Blida pendant les quatre jours du putsch d’avril 1961. En relisant ces quelques lignes mes souvenirs du temps passé, qui étaient enfouis au fin fond de ma mémoire, sont remontés à la surface. Comme un pullover que l’on détricote, j’ai tiré sur le fil et écrit au fil de ma plume les souvenirs qui me revenaient. C’est ainsi que sont nés mes deux ouvrages.

UN PAILLEUX CHEZ LES GONFLEURS D'HÉLICES

 

 

Roger Linotte est appelé à servir sous les drapeaux français, en tant que militaire du contingent. Il est affecté en 1961 à Blida, en Algérie. L’auteur, jeune conscrit de vingt ans, découvre alors l’institution militaire et un pays en proie à une crise identitaire grave. Éludant volontairement l’aspect conflictuel de l’époque, Roger Linotte s’attache à narrer des anecdotes plutôt croustillantes, drôles, cocaces mais tragiques également. Ainsi, de son arrivée sur la base aérienne à sa libération, la vie de ce soldat réveillera sans aucun doute les souvenirs des anciens ayant vécu cette période de l’Histoire. 

Extrait : Un pailleux chez les gonfleurs d'hélices

LA MECHTA

Le dimanche de son arrivée, en compagnie de Gilles, Jean-Marie et Serge Picard, il va visiter la palmeraie de Colomb Béchar. Serge et Jean Marie ont fait leurs classes ensembles. Ils ne se sont pas quittés depuis leur incorporation à Bordeaux. Les quatre compères, en quartier libre, ont toute la journée devant eux. Ils parcourent six kilomètres de route bitumée dans la benne non couverte du camion qui fait la navette jusqu’au centre ville. Tant que le véhicule roulait, l'air était supportable. A peine est-il arrêté que la chaleur les prend à la gorge. Vers dix heures trente, leur drôle de taxi les dépose sur la place des chameaux, au cœur de la cité arabe.

C'est la première sortie de Raymond depuis son arrivée. Le dépaysement est total ! Le contraste avec la Métropole est saisissant. Cette place de terre rouge, entourée de maisons à arcades, est ceinturée par de gros rocs rouges, qui délimitent l'espace réservé aux marchands ambulants multicolores. Les compères cherchent un coin d'ombre pour se mettre à l’abri du soleil qui leur brûle la couenne. Serge et Jean Marie sont des habitués de cet endroit. Plus rien ne les étonne. La foule qui se presse autour des étals est principalement féminine. Les hommes sont rassemblés par petits groupes sous les arcades. De l'autre côté de la place, les marchands de dromadaires discutent âprement avec un acheteur potentiel, près d'un jeune animal. La négociation semble bien engagée. Rien qu'à voir de loin les gestes et les mimiques des protagonistes, Raymond devine que la vente est sur le point de se conclure.

Dans leur Jeep stationnée à proximité, des gendarmes observent la scène d'un air faussement détaché. Raymond et ses amis traversent le marché où, à même  le sol, les vendeurs exposent leurs marchandises. On peut y voir pêle-mêle des tissus, des objets en bois sculpté, des ustensiles de cuisine de fabrication artisanale, en cuivre, en étain ou autre métal. Dans le désert, tout se récupèreet est rapidement recyclé. Une carcasse de voiture ne reste que peu de temps sur place. La carrosserie est transformée en plats pour la cuisine qui serviront à conserver les épices, les fruits ou autres aliments. L'acier des roues sera utilisé à des fins diverses.

Raymond a vu se réaliser en peu de temps, tout à la main, un poignard en métal, lame et manche d'un seul bloc, parfaitement équilibré. Lancée de cinq mètres, la lame est allée se ficher dans une planche posée contre un mur. A l’issue d’une âpre négociation, un militaire du régiment de parachutiste, en mission à Colomb Béchar, a acquis ce coutelas pour une bouchée de pain. Le fourreau qui sert de gaine au coutelas, a été entièrement confectionné par l’épouse de « l'artiste » autochtone, avec le cuir récupéré sur la banquette de la voiture. Ces hommes et femmes vivent du produit de leur travail. Ils ont de l'or entre leurs mains, mais se contentent de l'essentiel pour faire vivre leur famille. Raymond suppose que les quatre enfants en bas âge, qui tournent autour de leur étal, font partie de leur progéniture...

 

CARACTÉRISTIQUES

Caractéristiques : format 15x21, environ 172 pages, couverture couleur pelliculée, dos carré collé, illustrations photos à l'intérieur. Paiement possible par chèque ou Paypal.

 

ATTENTION : TITRE ÉPUISÉ EN VERSION LIVRE PAPIER - UNIQUEMENT DISPONIBLE EN VERSION NUMÉRIQUE AU PRIX DE 8€ AU LIEU DE 16€. PRENDRE CONTACT AVEC L'ASSOCIATION SI VOUS ÊTES INTÉRESSÉ : pierre.brandao@bbox.fr

Date de dernière mise à jour : 12/04/2017