ÉDI ' LYBRIS :

L'édition, autrement  !...

 

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L'ANALYSE

Libraire se creuse la tête 

 (Par Pierre BRANDAO, président)

Du point de vue des auteurs :

Selon l’ A.U.D.A.C.E. (Annuaire à l'Usage Des Auteurs Cherchant un Editeur - livre de l'association Cose-Calcre), dans 80% des situations, l'écrivain qui n'est pas "introduit" par une connaissance de l'éditeur, n’a pratiquement aucune chance de voir son ouvrage publié. Sur la Toile, le printemps s’est installé, pour des sociétés entrevoyant là l’opportunité d’engranger des subsides : tous ces auteurs laissés à l'abandon, pourquoi ne pas profiter de leur candeur pour les délester un peu, tout en leur laissant croire qu'ils sont les nouveaux Jules Verne tant attendus ? Ces marchands de papier osent même affirmer avec un aplomb certain "qu'ils n'interviennent pas sur le contenu de l'œuvre soumise !" (sic !)

 

Auteur consolé par épouse D'autres auteurs font appel à des maisons d'édition dites moyennes mais dont le sérieux n'est pas à mettre en doute. Afin d'assurer leur existence, elles ne proposent que des ouvrages préalablement contrôlés par un correcteur et lus par un comité digne de ce nom. Leur souci premier consiste à promouvoir et à diffuser le titre retenu. Mais ces structures se heurtent à la multitude d’ouvrages diffusés par les grandes maisons d’édition, qui s’empilent à l’infini, généralement bien en vue, dans les rayons des librairies et des grandes surfaces. Alors, me direz-vous, comment attirer le regard du chaland sur un livre plutôt que sur un autre ? Par expérience, et pour avoir eu la chance d’être édité à quatre reprises dans les pures formes du contrat d'édition, j'ai acquis la certitude qu'un auteur n'a aucune garantie de pérennité à signer pour une maison classique, soumise à une concurrence toujours plus pressante.

Petite parenthèse : car, tout de même, il ne faut pas oublier que l'auteur est celui qui s'investit le plus dans le milieu du livre : il est celui qui crée, qui effectue des recherches, suscite des découvertes et les partage ; il est celui qui accomplit les démarches longues et fastidieuses pour convaincre un éditeur, sans garantie de réussite ; il est celui qui investit le plus en termes de temps et de moyens financiers, surtout lorsqu'il procède de l'auto-édition. Enfin, il est celui pour qui la "rentabilité" est trop souvent insignifiante.

En effet, seules deux voies s’offrent à lui :
-
soit il a la satisfaction de percevoir ses "droits d'auteurs" pour une commission allant de 7 à 10% sur la vente TTC de ses ouvrages (rétribution accordée par l’éditeur) ;
-
soit il doit acquérir ses propres exemplaires auprès de son éditeur à un coût dit « préférentiel » mais qui n'est pas loin de 50% du prix de vente TTC ! (sans compter qu'il s'acquitte également des frais de port).

Celles et ceux d'entre vous qui lirez ces lignes, remarquerez à quel point la réalité est loin d’être avantageuse pour un auteur !

Même si l'attrait financier n’est généralement pas à la « Une » de sa philosophie créative, l'auteur n’a pas les moyens de se poser en philanthrope et cherche au moins l'assurance de ne pas se ruiner pour diffuser son œuvre (pendant que d’autres vont s’enrichir sur son dos) !

 

Du point de vue lecteurs :

Aujourd'hui, la crise –facile bouc émissaire - a modifié le comportement des acheteurs d’objets de loisirs. Les salons du livre, très fréquentés il y a dix ans, ont beaucoup perdu en audience comme en fréquentation, alors que, parallèlement – et je devrais dire paradoxalement -, il n'y a jamais eu autant d'auteurs à présenter leurs productions.

Or, le lecteur est devenu distant, et on peut le comprendre ! Car, hélas, des ouvrages truffés de fautes d'orthographe et de syntaxe préjudiciables à la compréhension, se mêlent encore au meilleur de la littérature d'aujourd'hui. Difficile alors pour le lecteur de ne pas se sentir abusé par l'éloquence d'un auteur qui s’avère finalement bien plus vendeur que véritable écrivain ! Je pense sincèrement que le dernier maillon de la chaine de l'édition - comprenez le lecteur - est celui à qui il faut accorder la plus grande attention, voire le plus grand crédit.

Certains soulèveront le paradoxe : Mais c'est de la responsabilité de l'éditeur de présenter un ouvrage exempt d'erreurs ! C'est son métier !... Effectivement, sauf que même les grands éditeurs - pour lesquels publier les ouvrages de quelques personnalités politiques bien en vue ou encore du show-bizz sont propres à assurer leur pain quotidien – accordent trop rarement d'intérêt à la qualité intrinsèque du contenu du livre. Alors, pour ces sociétés dont je parlais un peu plus haut et qui pratiquent la publication à un coût zéro pour l'auteur (en apparence seulement car pour diffuser autour de lui, il faut bien investir), où est le regard qualitatif ? Encore une fois, je suis désolé de l'affirmer, mais ces sociétés n'ont pas de scrupules à s'intituler "éditeurs" alors qu'elles n'ont pas un mode de fonctionnement qui les engage à prendre des risques.

Le constat établi est lourd, long, mais il était nécessaire pour vous permettre de mieux cerner le fondement de l'association EDI'LYBRIS.